Dans une interview au Figaro datée du 2 mars, l'ex-président de la République note que ce sont les fonctionnaires qui pèsent le plus lourd dans le budget de l'État. Leur nombre devra être revu à la baisse en suivant la règle du “un sur deux”, ce qui, pour les collectivités, impose un changement de la Constitution.
Alors que la France est incitée par Bruxelles à réduire de 0,5 point de PIB son déficit d'ici la fin de l'année, Nicolas Sarkozy, patron de l'UMP, continue d'avancer ses pions dans la course à la présidentielle, et propose dans une interview au Figaro du 1er mars ce qui semble pour lui "la" solution pour y parvenir : tailler dans les dépenses publiques et réduire le nombre de fonctionaires. "Il faut d'abord s'attaquer résolument à ce qui pèse le plus lourd dans le budget de l'Etat et des collectivités", énonce-t-il, visant explicitement "le nombre de fonctionnaires". Calcul fait, "ce poste de dépenses représente à lui seul 45% du budget national et 60% de celui des collectivités locales". Des chiffres toutefois à manier avec précaution.
"Père" de la RGPP, qu'il mit en œuvre sous son quinquennat de 2002 à 2007, avec en point d'orgue le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, Nicolas Sarkozy propose de "revenir à la règle" et surtout de "l'imposer à la fonction publique territoriale", "notamment en changeant la Constitution pour rendre cette règle compatible avec l'autonomie de gestion des collectivités territoriales". Bon prince, Nicolas Sarkozy offre la possibilité en contrepartie aux collectivités de "négocier directement les rémunérations et le temps de travail avec leurs agents, sans être totalement soumises à des règles imposées par l'Etat".
48 jours de congés
Corollaire de la suppression de postes, l'ex-président de la République souhaite aussi agir sur le volet recrutement, en visant "prioritairement les contrats de cinq ans quand le poste le justifie", une manière de revenir sur l'emploi à vie des fonctionnaires. "Il faut cesser de penser que pour un besoin qui peut être ponctuel, on doit continuer à recruter pour trente ans" expose-t-il une phrase plus loin.
Moins nombreux, même si aucun objectif chiffré ne ressort de cet entretien, les fonctionnaires devront aussi travailler plus longtemps. Tout part d'un constat. "L'écart entre le secteur public et le secteur privé est devenu injustifiable : 48 jours de congés par an en moyenne dans la fonction publique d'Etat contre 36 dans le secteur privé et 29 dans une petite PME", détaille Nicolas Sarkozy, décidément peu avare de chiffres. "Il est impératif d'augmenter leur temps de travail si on veut que la France s'en sorte", insiste-t-il.
Son cheval de bataille ? Les 35 heures. "Je souhaite que l'on renégocie les accords sur le temps de travail dans la fonction publique, il y aurait moins de jours de RTT mais, en contrepartie, je propose de rétablir les heures supplémentaires défiscalisées, pour inciter les fonctionnaires à travailler plus", souligne-t-il.
« Retour vers le futur »
Autant de pistes, amendées et complétées, qui font écho aux propositions qu'il avait formulées tout au long de l'année dernière, sitôt sa candidature à la présidence de l'UMP annoncée. "Il faudra travailler davantage !” C’est ce qu'il martelait à l’adresse des fonctionnaires, fin septembre lors d’un meeting à Lambersart, dans le Nord. Et de détailler alors dans Le Figaro magazine : “ Les 35 heures ont durablement plongé l’hôpital dans un imbroglio dont personne ne sait comment sortir. Il faudra, à l’hôpital comme dans d’autres administrations, augmenter le nombre d’heures travaillées. Mais il faudra payer davantage les agents qui travailleront plus : moins de fonctionnaires, travaillant davantage et mieux rémunérés. Voici notre politique pour la fonction publique.”(voir notre article)
Une rengaine à laquelle ne s'habitue pas l'opposition. Sur France 2, Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplification, a accusé lundi 2 mars l'ex-chef de l'Etat de proposer "une sorte de retour vers le futur". Par exemple, "revenir vers la suppression d'un fonctionnaire sur deux", "revenir à des baisses d'impôts pour les plus favorisés".
source : http://www.acteurspublics.com/
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