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                    Cours des comptes et forces de sécurité… aller au-delà de la polémique

Le Ministre de l’Intérieur Monsieur Claude GUEANT a réagi violemment à la publication du rapport de la cour des comptes sur la sécurité publique. « Mal renseigné, inexact, imprécis ou incompris » selon le Ministre de l’intérieur et carrément partisan pour l’UMP qui pourtant ne critiquait pas cette institution lorsqu’elle préconisait le gel de la valeur du point dans la fonction publique pour trois ans…

 

Disons-le, ce rapport va dans le sens de ce que la fédération Interco-CFDT observait dans le cadre d’un rapport interne s’appuyant à la fois sur les chiffres comme sur le témoignage des professionnels de ce secteur. Voici ce que nous écrivions il y a un peu plus de 6 mois :

 

« Constatant la situation dans les rangs de la police nationale où la conjugaison de la baisse des effectifs et d’une politique répressive affichée mais sans capacité réelle de mise en œuvre pour cause notamment dinsuffisance de moyens au sein de la Justice, porte gravement atteinte au moral des agents qui déplorent un manque de visibilité sur leur avenir. Nombre de policiers nationaux supportent de plus en plus mal le rôle quon leur assigne dans le cadre de leurs missions où la culture du chiffre prend le pas sur le qualitatif et où le contrôle de l’immigration supplante la prise en charge de la sécurité quotidienne des citoyens.

 

Vient se greffer à ce contexte la situation des gendarmes passés sous commandement du ministre de linrieur mais toujours rattachés à un statut militaire qui leur interdit toute expression publique sauf à user de voies détournées.

Enfin, les conflits en cours concernant le statut des policiers municipaux, masque mal un malaise bien plus profond.

 

L’évolution constante de leurs missions depuis plus de deux décennies au gré des stratégies de leurs élus ne trouve pas à ce jour de traduction dans l’alioration de leur situation statutaire. Ceci induit un sentiment de non reconnaissance de leur rôle par leur employeur qui vient se rajouter au manque de perspectives sur leurs missions en constante évolution à coup de loi ou de cavaliers parlementaires. »

 

Nous affirmions alors, comme le rapport de la cour des comptes nous y conforte, qu’il estcessaire de poser un regard sur lévolution des forces de sécurité en France. De dresser un état des lieux de la situation actuelle et d’apporter des réponses pour une prise en charge efficiente des problèmes de sécurité en France au travers d’une organisation des forces de sécuri. Nous ajoutions enfin, qu’un large débat public était absolument nécessaire.

 

Nous l’avons demandé en vain, en mai 2010 à Monsieur Hortefeux, ministre de l’Intérieur à l’époque, en lui suggérant l’organisation d’un « Grenelle de la sécurité ».

 

Oui, nous le rétons, il n’est pas possible que la France soit le dernier pays de l’Union Européenne à ne pas réformer ses forces de sécurité. Le gouvernement ne peut nier l’évidence, il se désengage progressivement de ses obligations en matière de sécuri imposant de fait aux collectivités de suppléer aux retraits de la police nationale et de la gendarmerie lorsquil ne recourt pas aux entreprises decuri pour suppléer ses carences sur ce domaine hautement régalien.

 

Il ne sert à rien, comme se lautorisaient les rapporteurs sur le rôle des polices municipales lorsque nous les rencontrions en septembre dernier, d’affirmer contre toute évidence, qu’il n’y a pas de corrélation entre la croissance des effectifs de la police municipale et la diminution « supposée » des effectifs de la police nationale.

 

Les faits sont là et au-delà des chiffres donnés par la cour des comptes conformes à ce que nous observons, c’est également le changement de nature des missions de la police municipale qui corrobore nos affirmations.

 

Pour la fédération Interco CFDT, le déni du ministre de l’Intérieur augure mal des évolutions nécessaires pour adapter notre dispositif de sécurité. Nous le disons très nettement : la France ne garantit plus aujourd’hui une égalité de traitement à ses citoyens en matière de sécurité.

 

Les collectivités territoriales, dont les ressources ne relèvent pas uniquement dune « gestion vertueuse » des deniers publics, nont pas toutes les moyens de faire face à la montée de la délinquance dans un contexte de désengagement de l’Etat. Il en va donc de la responsabilité du gouvernement de poser les conditions de cette réforme nécessaire.

 

Le dénigrement de ce que pourtant tout le monde partage à droite comme à gauche ne pourra tenir lieu longtemps de réponse aux problèmes de sécurité pas plus que l’instrumentalisation des questions sécuritaires et donc des personnels en charge de ces missions.

 

La fédération Interco CFDT tient à réaffirmer que les questions de sécurité relèvent du contrat social. Elles ne doivent pas se traiter par une inflation législative inutile qui s’accompagne d’une logorrhée nauséabonde stigmatisant telle ou telle population quand ce n’est pas, en prime, l’action des professionnels de la justice.

 

Pour la fédération Interco CFDT, l’approche de ces questions passe d’abord par un vrai projet relatif à la politique de la Ville dans une articulation intelligente des politiques de prévention, d’éducation, d’habitat, de travail, d’emploi, de redistribution sociale.

 

Si le gouvernement investissait réellement ces domaines, la réflexion sur la diminution des effectifs de police pourrait être mise à l’ordre du jour comme conséquence logique d’une société apaisée au lieu d’être posée comme un préalable aux réformes en contradiction totale avec les objectifs politiques affichés.

 

 

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Tag(s) : #Police Nationale
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